Livre lu et commenté par le club de littérature américaine de Gif-sur-Yvette
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L'invitée de Emma Cline
Littérature Étrangère (éditeur)
Jean Esch (traduction)


Quatrième de couverture : A la fin de l'été, sur les plages de Long Island qui bordent les belles demeures d'Américains aisés, une jeune femme joue un rôle pour obtenir ce qu'elle veut... L'été touche à sa fin à Long Island, et Alex n'est plus la bienvenue. Un faux pas lors d'un dîner et Simon, l'homme plus âgé chez qui elle habitait, la raccompagne à la gare et lui paye un billet retour pour New York. Sans ressources, avec pour toute possession un téléphone qui a pris l'eau et ce don qu'elle a d'orienter à sa guise les désirs des autres, Alex décide de rester à Long Island, dans ce monde très fermé où elle n'a pas sa place. Elle passe la semaine à errer, d'une rencontre à l'autre, de villas luxueuses en plages privées - prenant garde à ne jamais rien dévoiler d'elle, ni de son passé - refusant d'en rester là : Simon sera sans doute content de la voir arriver à sa fête du Labor Day.
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L’Invitée est un roman qui prend le lecteur par surprise, avec une montée du suspense inexorable et une atmosphère de plus en plus oppressante que rien ne peut alléger. Alex, la protagoniste, est une jeune femme issue d’une classe défavorisée, dont les origines se perdent dans les fin-fonds du Midwest américain, qui cherche par tous les (mauvais) moyen à se hisser au-dessus de sa condition. C’est peu de dire que le texte n’est pas moral, mais l’adjectif « amoral » lui convient mieux que celui d’ « immoral ». En effet, Alex suit son parcours d’aventurière, qui est tout à la fois une fuite et une quête, sans scrupule, en entraînant bien souvent autour d’elle de nombreux dégâts collatéraux, sans qu’elle ne semble en tirer de quelconque remords, ni leçon. À chaque tournant de son errance dans le petit monde huppé des estivants de Long Island, Alex prend toujours le chemin le plus incertain, le plus chaotique et le plus (auto)destructeur. La bourgeoisie très huppée, richissime même, de cette annexe balnéaire de New-York, dont les riches demeures sont calfeutrées derrière d’épaisses haies de pins et de grilles dorées, est perçue du point de vue de celle qui n’a rien, et donc rien à perdre. Les lectrices du club ont été divisées sur cette lecture: certaines ont été happées, même fascinées, par les descriptions de ce monde de luxe dont les portes s’entrouvrent juste assez pour qu’on en perçoive les privilèges, d’autres ont trouvé que l’histoire ne montrait pas suffisamment d’évolution morale du personnage. Tout le monde était néanmoins d’accord pour dire que, à l’heure où s’accroissent les inégalités entre classes sociales, L’Invitée, est un thriller très prenant qui laisse transparaître, en filigrane, un propos politique subtil.
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