
Edith Wharton de Edith Wharton
Flammarion (éditeur)
Sarah Fosse (traduction)
Quatrième de couverture : « Faites New York ! » - telle est l'injonction qu'adresse, dès 1902, Henry James, son mentor et ami, à la romancière. L'Âge de l'innocence, oeuvre de la maturité, se présente comme le tableau évocateur, subtil et puissant d'un monde disparu qui est aussi celui de l'enfance d'Edith Wharton. Au début des années 1870, dans le petit univers élitiste et fermé de la bonne société new-yorkaise, Newland Archer s'apprête à épouser la pure et radieuse May Welland, incarnation « de tout ce à quoi il avait cru et qu'il avait révéré ». L'irruption de la cousine de sa future femme, la mystérieuse comtesse Olenska, qui rentre précipitamment d'Europe pour fuir un mariage malheureux, va donner une tournure inattendue à ses fiançailles. Alors que la comtesse fascine et scandalise tour à tour New York, Archer voit peu à peu le mélange de sympathie et de perplexité que lui inspire Ellen Olenska se changer en un sentiment plus troublant. Cette rencontre décisive ne sera pourtant porteuse d'aucune émancipation. Tout au plus Newland Archer prendra-t-il conscience de l'implacable étau dans laquelle cette société corsetée enferme les individus et du sort qu'elle réserve à ceux qui refusent de se conformer à ses règles. Peinture d'un amour impossible, d'une libération manquée et d'un monde voué à s'éteindre définitivement au sortir de la guerre de 1914-1918, L'Âge de l'innocence se teinte d'une flamboyante mélancolie.

Ce roman paru en 1920 a valu à Edith Wharton d’être la première femme à obtenir en 1921 le Prix Pulitzer. Elle y décrit avec beaucoup de minutie et d’ironie le microcosme de la haute bourgeoisie new-yorkaise, défendant jusqu'au ridicule ses codes, un microcosme accroché avant tout au « paraitre ». L'intrigue est très simple : à New York, dans les Années 1870, Newland Archer, jeune homme de très bonne famille, doit épouser May Welland, jeune et jolie, de bonne famille également. Mais sa rencontre avec Ellen Ollenska le fait douter. Ellen représente tout ce que May n’est pas et Newland Archer est partagé entre May, parfaite et conforme à son milieu et Ellen, femme libre venue d’Europe, sensible à l'art et aux débats intellectuels et fuyant un mariage désastreux,. Ce conflit interne que vit Newland Archer illustre la tension entre sa passion personnelle et les conventions sociales. Outre l'hypocrisie de la société bien-pensante, ce roman écrit dans les années 20 est d’une remarquable modernité concernant la place de la femme dans la société. Edith Wharton nous livre ici une étude sociétale d'une grande précision. L’ analyse psychologique des personnages, prisonniers et victimes d'un milieu social dont ils font partie et sans lequel ils ne pourraient pas survivre est remarquable par sa minutie, son ironie, son humour. Style incisif et riche, humour, analyse psychologique et satire de la haute société, ce roman est étonnamment actuel. Le livre été adapté au cinéma par Martin Scorsese dans un film du même nom « Le temps de l’innocence », sorti en 1993.

Published in 1920, The Age of Innocence became the first novel by a woman to win the Pulitzer Prize. Set in the 1870’s it is a minutely chronicled and ironic portrayal of how upperu0002class New York City society lived at the time, defending to the point of ridicule, its outdated modes of behavior - a microcosm clinging to and judging by outward appearances. The story is a very simple one: Newland Archer, a young man from a well-to-do family, is about to marry May Welland – young, pretty, and from an equally well-to-do background. But after his meeting with Ellen Ollenska he begins to have doubts. Ellen represents everything that May is not and Newland Archer finds himself torn between the perfect May, who conforms entirely to his own milieu and Ellen, a free-spirited woman from Europe, appreciative of art and intellectual debate and fleeing a disastrous marriage. The internal conflict that Newland Archer experiences illustrates the tension between his personal passion and social conventions. Aside from the hypocrisy of high society, this novel, written in the 20’s is remarkably modern concerning the role of women in society. Edith Wharton offers us a societal study extraordinary in its accuracy. The psychological analysis of the characters, who are both prisoners and victims of a social milieu that they are part of and without which they would not be able to survive, is remarkable in its minute attention to detail, its irony and humor. A style of writing that is both rich and incisive, coupled with humor, psychological analysis and satire of the upper-class, the novel has an amazingly contemporary feel to it.

