Livre lu et commenté par le club de littérature américaine de Gif-sur-Yvette
Titre du document
test

Pirate de lumiere de Lily Brooks-Dalton
Gallmeister (éditeur)
Juliane Nivelt (traduction)


Quatrième de couverture : Née pendant le pire ouragan que la Floride ait connu, Wanda en porte le nom et les stigmates. Dans cet avenir proche, la hausse du niveau des océans, les canicules, mais surtout des tempêtes dantesques rendent une grande partie du monde inhabitable. Le père de Wanda, Kirby, un "lignard" qui répare les lignes électriques constamment endommagées, refuse d’émigrer vers le nord. Alors, au fil des années, Wanda grandit en s’adaptant au remodelage de son environnement. Sa voisine Phyllis, une scientifique, lui apprend à survivre et à déceler les prémices de ce que leur réserve l’avenir. Mais partout autour d’eux, la civilisation se replie vers des territoires moins exposés et ceux qui s’obstinent à rester sont confrontés à la sauvagerie de la Nature comme à celle de leurs semblables. Un roman poignant et élégant. Une ode à la résilience.
test

Roman dystopique qui nous décrit un monde en devenir face au dérèglement climatique. Montées des eaux, tempêtes à répétition, canicules, tempêtes dantesques, le monde peu à peu devient inhabitable. Le dérèglement climatique est en marche, et l’océan engloutit petit à petit les terres de la Floride et d’ailleurs. Le livre qui couvre une soixantaine d’années relate l’histoire de Wanda qui tient son nom du terrible ouragan qui a ravagé la Floride le jour de sa naissance. Histoire de Wanda, de son père, de ses frères et de Phyllis, scientifique survivaliste qui a passé sa vie à se préparer à l’après. La première partie décrit l’une de ces tempêtes, survenue le jour même de la naissance de Wanda. La tension est extrême, les chapitres courts annoncent le(s) drame(s). Dans les chapitres suivants, on assiste aux efforts désespérés des derniers habitants, qu`ils choisissent de rester et d`affronter les changements ou de partir en reculant pour mieux sauter devant l`inéluctable . A la fin du livre, le monde ancien a disparu, la société s’effondre. « Le pays tombe en miettes, un morceau après l’autre ». Qu’était-ce, au juste, qu’un «?robinet?»??. Le désastre écologique s’aggrave au fil des pages, plus d’eau, plus d’électricité ! Le personnage de Phillis est particulièrement intéressant. Cette scientifique qui a anticipé et aidé Wanda à survivre alors que le monde s’effondre, se trouve elle-même démunie quand ses cachettes sont découvertes et la stratégie qui consiste à ne compter que sur soi est remise en question à la fin du livre, « le feu progressa vite…. incinérant ….la notion que vivre enfermé était la meilleure option, l’option la plus sûre ». En effet, à la fin du roman, Wanda rencontre d’autres survivalistes avec lesquels elle va vivre, donnant une note apaisée au roman. Un certain nombre de critiques y ont vu une note d’espoir, ce qui ne nous semble pas franchement le cas. Deux points nous ont questionnés. La notion d’adaptation et le don de bioluminiscence que possède Wanda. L’adaptation au sens sélection de caractères nouveaux permettant la survie ne peut se réaliser sur le temps de ce roman ; si adaptation il y a, elle ne peut concerner que le mode de vie et non l’acquisition de propriétés biologiques nouvelles. La bioluminiscence, ne peut donc pas être une adaptation biologique. Que signifie alors ce trait « surnaturel » ? Par certains aspects, ce roman rappelle d’autres récits post apocalyptiques : « Dans la forêt » de Jean Hegland, « la Route » de Mac Carthy, « Le temps du déluge » de Margaret Atwood….et aussi la lutte contre les intempéries dans « Les palmiers sauvages » de W. Faulkner. Il faut noter que ce roman très bien écrit parle aussi de deuils, de famille, d’amitié avec une grande richesse psychologique et que les descriptions de la nature à la fois monstrueuse et très belle sont fascinantes. En résumé , à l’exception d’un avis trouvant les personnages un peu simplistes, ce livre poignant a été très apprécié tant pour son propos rappelant que la nature est à bout de souffle et que nous allons à la catastrophe que pour l’épaisseur psychologique des personnages et l’attachement qu’on leur porte.
test

The Light Pirate, published in 2022, is a dystopian novel which describes a world facing a climate change that is actually (and very quickly) happening: rapidly rising water levels, constant hurricanes, unbearable heat waves, tremendous storms, are making the world overwhelmingly uninhabitable. Climate change can no longer seem an idle threat as it has become a stark reality: the ocean is busily swallowing up chunks of Florida as well as other parts of the country. The book spans about sixty years; its heroine, Wanda, was called after the awesome hurricane that devastated Florida on the very day of her birth. The story is about her, her mother, father and brothers, and Phyllis, a survivalist scientist who spent her whole life preparing for the consequences of such devastation. The first part describes the coming of Storm Wanda: the prose is dense with tension, and the very brief chapters foreshadow the tragedies still to come. The following chapters focus on the desperate efforts of the last inhabitants, who either choose to stay and confront the changes or to evacuate the area, which only delays their confrontation with what has become inescapable. At the end of the book, the old world has vanished, society has collapsed, and the author underlines how everything is falling apart, piece by piece. (What was a “faucet”, again?) The ecological disaster worsens as the novel unravels: no more running water, no more electric power. The character of Phyllis is particularly interesting. This scientist who has looked ahead, and has helped Wanda to survive, finds herself helpless when her hidden stores are coveted by unscrupulous predators. Her strategy of staying hidden away and relying solely on herself finally proves flawed. Indeed, at the end, when Wanda joins a group of other survivalists living together, the crucial qualities of cooperation and friendship are stressed, and the atmosphere of the novel becomes less stressful. A number of critics read this as a very hopeful note for the future, but among us we agreed that this “positive” interpretation was not at all convincing. Two features of the plot seemed questionable to us: Wanda’s gift of bioluminescence, and the faculty of biological adaptation. Adaptation, in the Darwinian sense of the natural selection of heritable variations ensuring greater survival, can only occur over a period of time much longer than the span of a person’s lifetime: therefore the only possible, and credible, “adaptation” for a human being would be a change of life style. So Wanda’s bioluminescence is very difficult to explain away, as it seems supernatural, scientifically impossible. This novel is reminiscent of other literary post-apocalyptic narratives: Jean Hegland’s Into The Forest (1996), Cormac McCarthy’s The Road (2006), Margaret Atwood’s The Year of the Flood (2009). There are similitudes also with William Faulkner’s depiction of man’s fight against the elements in The Wild Palms (also published under the title If I Forget Thee, Jerusalem (1939). This superbly written novel addresses the themes of bereavement, family and friendship through characters depicted with complex subtlety, and Brooks-Dalton’s descriptions of a nature shown as both monstrously destructive and epically beautiful are riveting. To sup up, apart from one of the readers in the group who found the characters too simplistic, this poignant novel was very warmly received by all the others, who praised its brilliant depiction of a humanity rushing blindly towards catastrophe, as well as its characters, whom they found striking, and really endearing.