Livre lu et commenté par le club de littérature américaine de Gif-sur-Yvette
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Aria de Nazanine Hozar
Stock La Cosmopolite 19 Août 2020 (éditeur)
Marc Amfreville (traduction)


Quatrième de couverture : « Je vais t'appeler Aria, à cause de toutes les douleurs et de tous les amours du monde. ». Téhéran, 1953. Par une nuit enneigée, Behrouz, humble chauffeur de l'armée, entend des pleurs monter d'une ruelle. Au pied d'un mûrier, il découvre une petite fille aux yeux bleus, âgée de quelques jours. Malgré la croyance populaire qui veut que les yeux clairs soient le signe du diable, il décide de la ramener chez lui, modifiant à jamais son destin et celui de l'enfant, qu'il nomme Aria. Alors que l'Iran, pays puissant et prospère, sombre peu à peu dans les divisions sociales et religieuses, trois figures maternelles vont croiser la route d'Aria et l'accompagner dans les différentes étapes de sa vie : la cruelle Zahra - femme de Behrouz -, qui la rejette et la maltraite, la riche veuve Fereshteh qui l'adopte et lui offre un avenir, et la mystérieuse Mehri, qui détient les clefs de son passé. À l'heure où le vent du changement commence à souffler sur l'Iran, Aria, désormais étudiante, tombe amoureuse de Hamlet, un jeune Arménien. Mais, lorsque la Révolution éclate, les espoirs des Iraniens sont rapidement balayés par l'arrivée au pouvoir de l'Ayatollah Khomeini et la vie d'Aria, comme celle du pays tout entier, s'en trouve à jamais bouleversée.
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Aria, 1er roman de Nazanine Hozar salué par Margaret Atwood et John Irving. L’auteure, née à Téhéran a fui son pays à l’âge de 7 ans avec sa famille; elle vit actuellement au Canada et bien qu’imprégnée de culture iranienne, elle a rédigé ce roman en anglais (Canada). Le roman relate la vie d’Aria, enfant abandonnée à sa naissance dans une rue des quartiers pauvres de Téhéran et recueillie par Behrouz modeste chauffeur de l’armée. Trois femmes vont marquer la vie d’Aria : Zahra, la colérique et malveillante femme de Behrouz, Fereshteh, femme riche et brisée qui lui offre aisance et éducation et Mehri, femme pauvre et secrète. Le roman se déroule entre 1953 et 1979. 1953 est l’année du renversement du gouvernement Mossadegh (qui avait nationalisé les gisements pétroliers d’Iran contrôlés auparavant par les Britanniques) par la coalition des partisans du Chah et des services secrets américains et anglais. 1979 est la date du retour d’exil de l’ayatollah Khomeyni. De l’avis de la majorité d’entre nous, l’intérêt de ce roman tient plus à sa dimension historique qu’à sa dimension littéraire. L’écriture nous a semblé assez pauvre. Par contre, c’est une véritable fresque, une « grande saga » comme le dit Margaret Atwood qui se déroule en Iran au temps du Shah jusqu’aux événements qui porteront l'ayatollah Khomeyni au pouvoir. C’est la colère d’un peuple lassé de voir les richesses mal partagées, la corruption, les arrestations arbitraires et qui rêve de faire tomber le Shah pour porter au pouvoir l'ayatollah Khomeyni, qui promet prospérité, égalité et sécurité pour tous, rêves vite anéantis par la chape de plomb que le nouveau pouvoir met aussitôt en place sur le pays. Ce livre nous fait également découvrir un Iran pluriel, véritable melting pot de communautés religieuses et politiques (zoroastriens, chrétiens, bahaïs, juifs, musulmans, communistes) qui sombre peu à peu dans les divisions sociales et religieuses.
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Aria, Nazanine Hozar’s debut novel has received critical acclaim from such writers as Margaret Atwood and John Irving. The author, who was born in Tehran, and whose family fled from Iran is now living in Canada. Her novel is written in English and suffused with the culture of her native country. It tells the story of Aria, abandoned at birth on a street in one of the poorest neighborhoods of Tehran and rescued by Behrouz, a simple truck driver working for the army. Three women will mark her life: Behrouz’s wife Zahra, ill-tempered, cruel and abusive; Fereshteh, a disheartened and wealthy woman who offers Aria a good education and a life of comfort; and finally the poor and secretive Mehri. The novel spans the time from the year 1953 when the government of Mossadegh who had nationalized the oil fields of Iran (previously controlled by the British) is overturned by a coalition of pro-Shah forces and the secret services of the US and Great Britain - through to the return from exile of the ayatollah Khomeini in 1979. The most interesting aspect of this book, we found, lies in the way it depicts the historical and social background, more so than in its less powerful narrative style. For it does offer the reader a broad cross section of Iranian lives, a “sweeping saga” in Margaret Atwood’s words, of Iran during the reign of the Shah up until the events which brought the Ayatollah to power. They were years of anger of a population tired of seeing the wealth of their country squandered and inequitably distributed, tired of the corruption and arbitrary arrests, but with dreams of overthrowing the Shah and paving the way for the Ayatolla to assume power, with his promises of prosperity equality and security for all. Dreams quickly shattered in the stifling atmosphere of fear and repression immediately put in place by the new leaders. The novel also allowed us to discover a multi-faceted Iran, a true melting pot of political and religious communities including Zoroastrians, Christians, Baha’is, Jews, Muslims and Communists. which slowly sinks, fragmented, into social and religious conflicts.