
Un bref instant de splendeur de Ocean Vuong
Folio (éditeur)
Marguerite Capelle (traduction)
Quatrième de couverture : Résumé Un bref instant de splendeur se présente sous la forme d'une lettre qu'un fils adresse à sa mère qui ne la lira jamais. Fille d'un soldat américain et d'une paysanne vietnamienne, elle est analphabète, parle à peine anglais et travaille dans un salon de manucure aux États-Unis. Elle est le pur produit d'une guerre oubliée. Son fils, dont la peau est trop claire pour un Vietnamien mais pas assez pour un Américain, entreprend de retracer leur histoire familiale : la schizophrénie de sa grand-mère traumatisée par les bombes ennemies au Vietnam, les poings durs de sa mère contre son corps d'enfant, son premier amour marqué d'un sceau funeste, sa découverte du désir, de son homosexualité et du pouvoir rédempteur de l'écriture. Ce premier roman, écrit dans une langue d'une beauté grandiose, explore avec une urgence et une grâce stupéfiantes les questions de race, de classe et de masculinité. Ocean Vuong signe une plongée dans les eaux troubles de la violence, du déracinement et de l'addiction, que la tendresse et la compassion viennent toujours adroitement contrebalancer. Un livre d'une justesse bouleversante sur la capacité des mots à panser les plaies ouvertes depuis des générations.

Un bref instant de splendeur. Ocean Vuong. Traduction :Marguerite Capelle « Un bref instant de splendeur », paru en 2019 est le premier roman du poète américain Ocean Vuong, né en 1988 à Hô Chi Minh-Ville. Il émigre à l’âge de 2 ans aux Etats Unis avec sa mère et sa grand-mère. Ocean Vuong bâtit son roman comme une lettre à sa mère, analphabète, qui ne pourra donc jamais la lire… ce qui rend cette lettre d’autant plus sincère et bouleversante. Il y exprime l’amour pour cette mère souvent colérique et cette grand-mère hantée par les bombes américaines. Il dit à cette mère la découverte de son homosexualité, ces moments si intenses passés avec son premier amour, mort d’une overdose. Ces mots qu’il n’a peut-être jamais prononcés à voix haute, il les écrit à cette femme analphabète et l’écriture lui permet de transcender la douleur « Ce que je te raconte n’est pas tant une histoire qu’un naufrage- des fragments qui flottent, enfin déchiffrables » Bouleversant récit de formation, ce livre est également le récit de la transmission, transmission des traumatismes vécus par les générations précédentes. Lui qui n’a ni fait, ni connu la guerre, raconte comment il se réveille la nuit, persuadé qu’« une balle plus vieille que lui » est logée dans sa poitrine, que « ses os, ses tendons, ses veines, sont simplement venus envelopper cet éclat de métal » . Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si au début du livre, il est fait allusion aux monarques, ces papillons dont les descendants remontent en plusieurs générations du Mexique à l’Amérique du Nord à l’endroit même d’où sont partis leurs parents. « A quel moment une guerre prend-elle fin ? A quel moment puis je prononcer ton nom et ne lui faire dire que ton nom, et pas ce que tu as laissé derrière toi ? Mais la puissance de ce livre tient avant tout à l’écriture. Ecriture hachée, fragmentée qui nous fait passer d’une époque à l’autre, écriture très forte pour décrire l’intensité du désir, écriture à peine supportable pour décrire le supplice d’un macaque, écriture extrêmement poétique, visuelle, sonore « une lumière ocre et crayeuse », « le menton se changeant en noyau de pêche ». Mettre des mots pour transcender la douleur… Ce livre bouleversant et poétique qui traite aussi des différences (culturelle, sociale, raciale, sexuelle) est un coup de cœur pour la plupart d’entre nous. Certaines cependant ont émis quelques réserves sur la crudité relatant les scènes de sexe.

On Earth We’re Briefly Gorgeous Published in 2019 On Earth We’re Briefly Gorgeous is the debut novel of Ocean Vuong, a Vietnamese-American poet born in 1988 in Ho Chi Minh City and who at the age of two emigrated to the United States along with his mother and grandmother. He frames his novel as a letter to his mother who cannot read, rendering his text all the more sincere and overpowering. He expresses his love for his often ill-tempered mother and for his grandmother haunted by the memory of American bombs. He tells her of the discovery of his homosexuality and of the especially intense moments spent with his first love who died of drug overdose. Words that that were perhaps never spoken are addressed to an illiterate woman, and through writing he is able to transcend the pain. “I’m not telling you a story so much as a shipwreck—the pieces floating, finally legible.” A poignant coming-of-age novel, the book is also a story of transmission - of the transmitting of traumas lived through by the previous generation. He who neither fought in nor even witnessed the war, tells how, “at times, late at night he would wake, believing a bullet older even than himself is lodged inside him, —and his bones, tendons, and veins had merely wrapped around the metal shard, sealing it inside him.” . And it is no coincidence that the opening chapter of the novel evokes the flight of the monarch butterflies whose ancestry can be traced back to myriad generations - from Mexico to North America, to the exact spot marking the point of departure of their parents. “When does a war end? When can I say your name and have it mean only your name and not what you left behind?” But the hold this book has over the reader lies above all in the strength of the writing: The narrative is fragmented, intercut with scenes looping around in different times and places; the language is powerful when evoking the intensity of desire, almost unbearable when describing the torture inflicted on a macaque monkey; it is at once poetic, visual, and sonorous: “the chalky ochre light ”, “your chin turning into a peach pit . It is the setting down of words in order to transcend pain. Charged with emotion and poetic language the book is also about differences, about being different - culturally, socially, racially, sexually - and was, for most of us, an imediate favorite, although some expressed reservations about the graphic sex scenes.

