Livre lu et commenté par le club de littérature américaine de Gif-sur-Yvette
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Homme invisible pour qui chantes-tu ? de Ralph Ellison
Grasset (éditeur)
Magali Merle Robert Merle (traduction)


Quatrième de couverture : Homme invisible, pour qui chantes-tu ? est un roman de légende. L'homme invisible, c'est l'homme noir dans la société américaine. Leur négro. Voilà trois siècles que là-bas, il vit, travaille, mange, parle, et pour l'Amérique il arrive même au Noir de se faire tuer... En quelque sorte pour rien. Car aux yeux de l'Amérique, le Noir est invisible. Ecrivain lui-même noir, Ralph Ellison a donné ce titre paradoxal, dérisoire et pathétique aux six cent pages qui racontent l'histoire d'un jeune Noir du Sud aux prises avec une société qui lui refuse sa place. Homme invisible, pour qui chantes-tu ? est peut-être le plus insupportable des cris de solitude et de révolte qui se soient exprimés par la littérature.
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Homme invisible, pour qui chantes-tu ? Ralph Ellison. Traduction Magali et Robert Merle « Invisible Man raconte l’histoire, à la première personne, d’un jeune homme pauvre et méritant qui lutte dans un monde hostile » Tout est dit et rien ne l’est vraiment par cette phrase de préface de R. Merle. Paru en 1952, couronné par le National Book Award en 1953, "Invisible Man" est le seul roman de Ralph Ellisson par ailleurs nouvelliste et essayiste. Le narrateur n’a pas de nom, c’est un homme noir sensément libéré de l’esclavage quelques 80 ans plus tôt, qui croit que chacun a sa place dans la société à condition de travailler et de manifester une certaine déférence vis-à-vis de l’homme blanc et qui va se rendre compte qu'il ne sera jamais jugé en fonction de ses qualités tant il est invisible dans un pays qui lui refuse sa place. C’est l’histoire d’un jeune étudiant noir dans le Sud ségrégationniste qui va dans un premier temps, se faire exclure de son Université (par son directeur, homme noir également !) et qui va dans un second temps rejoindre New York où il va tenter de trouver un travail pour pouvoir retourner à l’Université. C’est là qu’il est recruté par « la Confrérie » pour ses talents d’orateur. C’est au sein de cette confrérie de soit-disants bienfaiteurs agissant pour les plus démunis qu’il découvre l’action politique collective. Manipulé par ces « bien-pensants », il va petit à petit être amené à prendre conscience de son invisibilité et se retrouver dans un « trou » hors de lieu et de temps d’où il va pouvoir écrire cette histoire et la réalité sociale de l’homme noir aux Etats Unis. "Je suis un homme qu'on ne voit pas. Non, rien de commun avec ces fantômes qui hantaient Edgar Poe ; rien à voir, non plus, avec les ectoplasmes de vos productions hollywoodiennes. Je suis un homme réel, de chair et d''os, de fibres et de liquides- on pourrait même dire que je possède un esprit. Je suis invisible, comprenez bien, simplement parce que les gens refusent de me voir. (Prologue) Roman complexe, des scènes difficiles à comprendre parfois, des scènes de violence chaotiques, absurdes, des scènes bouleversantes à la limite du supportable (combat de boxe, cobaye pour opérations chirurgicales, marionnette politique…). Malgré des longueurs qui parfois alourdissent la lecture, belle écriture classique. « Homme invisible, pour qui chantes-tu ? » est un livre marquant, considéré comme une des œuvres majeures de la littérature américaine du XXème siècle. Un livre à lire plusieurs fois si l’on veut appréhender toute sa complexité et sa richesse.
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The Invisible Man tells the story, in the form of a first-person narrative, of a poor and deserving young man who struggles to survive in a hostile world. It is in these words that Robert Merle, in the preface to the French translation, introduces Ralph Ellison’s novel – an assessment that says much and yet very little of Ellison’s book published in 1953 and recipient of the National Book Award. It is Ellison’s only novel and best-known work, towering over his political, social and critical essays and collection of short stories. The narrator is an unnamed Black American allegedly released from slavery some eighty years earlier and who believes that everyone has a place in society provided they work and show sufficient deference to the whites. He will come to realize however that the judgement of others can never and will never rest on a black person’s qualities as long as he remains invisible in a country that refuses to grant him his rightful place It is the story of a young student in the Segregationist South who is expelled from the University (by the director, he himself Black!) and whom we follow as he undertakes a journey to New York where he will try to find work in the hope of returning to the University and continue his studies. In New York he will be recruited by “The Brotherhood” for his talent as an exceptional orator. And it is from within this group of so-called benefactors addressing the needs of the most needy that he will embark on collective political activity. Manipulated by these “right-minded” militants he will gradually come to see himself as an invisible person and find himself in a “hole” outside of space and time which will enable him to write his story and bring to light the social reality of the black man in the United States. I am an invisible. Man. No, I am not a spook like those who haunted Edgar Allan Poe; nor am I one of your Hollywood-movie ectoplasms. I am a man of substance, of death and bone, fiber and liquids – and I might even be said to possess a mind. I am invisible, understand, simply because people refuse to see me. [Prologue] The novel is complex: scenes at times difficult to understand, scenes of chaotic violence, absurdist; scenes so emotionally overwhelming they are hardly bearable (the battle royal, the experiment in a surgery ward, the political puppet). If certain passages may seem drawn out or cumbersome, the writing style itself is classic. Ellison writes beautifully. The Invisible Man is one of the major works of 20 th century American literature - to be read over and over again if we wish to grasp all its richness and complexity.